TITRE
crédits
Stray Kids font les choses à leur manière
© Crystal Bell
Trad ENG-FR : Stray Kids France
Ne pas reposter sans les crédits complets. La traduction peut contenir des erreurs/reformulations.
Parcourez la discographie kaléidoscopique de Stray Kids et vous trouverez une chanson pour chaque crise existentielle. Il y a l’intensité bouillonnante de “District 9,” tirée de l’album début du groupe coréen I Am Not en 2018, dans laquelle ils déclarent, “C’est notre mission de prouver qui nous sommes.” Il y a la transe exaltante de “Side Effects,” un portrait désorientant de l’anxiété et de l’adolescence ; le cacophonique “소리꾼 (Thunderous)” où ils comparent leur présence à des nuages de tonnerre grondants ; et le plus solitaire et introspectif “일상 (Another Day)” qui les voit demander, doucement “Tout le monde est heureux sauf moi ?”
Une grande partie de leur musique est façonnée par les bouleversements émotionnels de la vie quotidienne. Soyez vous-même. Ressentez tout. Tracez votre propre chemin. Et faites le avec une confiance inébranlable. Mais sur leur dernière sortie, MAXIDENT, les bardes du bruit de la K-pop affrontent quelque chose de nouveau : l’amour.
Ce n’est pas que Stray Kids n’aient jamais exploré les thèmes de l’amour et de ses nombreuses formes dans leur musique ; c’est juste que cela n’avait jamais été aussi audacieux auparavant. Au fil des ans, ils l’ont réfléchi, en ont ouvert les coutures et en ont analysé les entrailles – toujours en repensant à ces sentiments au passé et sans jamais vraiment passer à l’action. Jusqu’à maintenant. Leur récent single, “Case 143”, exprime une attraction urgente – ce genre de béguin instantané à la fois inexplicable et dévorant. Et Bang Chan, Lee Know, Changbin, Hyunjin, Han, Felix, Seungmin et I.N se confrontent à cela de plein fouet. “Je ne peux pas expliquer cette réaction”, chantent-ils sur le refrain, “1-4-3 I love you !”
Ce n’est pas une grande chanson d’amour romancée. Elle est vibrante, pleine d’esprit et, structurellement, un peu étrange. En d’autres termes, c’est une chanson de Stray Kids.
BC. J’ai l’impression que les chansons d’amour peuvent être un peu douces et fades. Du genre, “Je t’aime, tu es si beau/belle.” Ce genre de paroles. Mais nous voulions simplement exprimer l’amour à notre manière, celle de Stray Kids.
Cela signifie viser grand tout en restant ancré dans une émotion réelle, afin que l’auditeur puisse se reconnaître quelque part dans ces paroles. Bang Chan, Changbin et HAN, mieux connus sous le nom de 3RACHA, forment l’équipe de production prolifique du groupe. Ils sont crédités en tant qu’auteurs-compositeurs et producteurs sur presque tous les morceaux de Stray Kids, offrant au groupe un niveau de contrôle créatif sans précédent dans une industrie souvent stéréotypée comme étant fabriquée. Et ce n’est pas seulement 3RACHA qui s’exprime à travers la musique ; on retrouve le nom de chaque membre dans les notes de pochette de leur vaste catalogue qui comprend deux albums, 10 EP et une chanson trap de vacances (de Noël). Ainsi ils sont tous très conscients de ce qui rend une chanson de Stray Kids, si distinctement leur : des couplets de rap percutants, des lignes de basse sales, une flexibilité rythmique et un contraste puissant. “Case 143” est richement texturée, avec sa gamme chromatique descendante accrocheuse et son énergie lumineuse, illustrant la capacité du groupe à découper et assembler différents genres et sons pour créer quelque chose de totalement nouveau. Ou, comme le dit Felix, aux yeux brillants, et à la voix profonde :
FLX. C’est amusant et très chaotique.
I.N. J’ai d’abord entendu la chanson sans la mélodie ni les paroles, et je ne pensais pas du tout que ce serait une chanson d’amour. C’était assez unique. Certaines parties de la mélodie et du rap étaient également très nouvelles et fraîches, donc ça se sentait différent des autres chansons d’amour.
SM. Et en plus, au milieu de la chanson, Changbin se fâche, genre, “Grrrrr.”
Seungmin grogne, imitant la puissance caustique et le ton caractéristique du rappeur fougueux du groupe. Sa livraison explosive est directe et précise, et il traverse le deuxième couplet avec une grande justesse. “Même si je suis gourmand, je veux être ton âme sœur”, rappe-t-il, plus déterminé que fâché.
Leurs fans adorent à quel point ils sont authentiques sur leurs difficultés, même lorsque ces difficultés sont “Rolling in the deep inside my head / You got me bad (Ça me trotte dans la tête / Tu m’as bien eu)”. C’est un élément clé de leur succès constant. Leurs chansons accumulent des centaines de millions de streams sur Spotify. En mars, ils ont atteint la première place du classement Billboard 200 avec leur EP ODDINARY. De ce fait, ils sont devenus le visage de la nouvelle vague d’artistes K-pop cherchant à percer en Occident. Et s’il y avait le moindre doute sur la possibilité qu’un éclair frappe deux fois, MAXIDENT a enregistré plus de 2,2 millions de précommandes avant sa sortie – un nouveau milestone pour le groupe.
Bang Chan mentirait s’il disait ne ressentir aucune pression. Bien sûr il souhaite encore plus de succès pour le groupe qu’il appelle sa famille, mais le succès ne se mesure pas toujours aux ventes d’albums et aux streams. C’est quelque chose dont lui, Changbin et HAN discutent beaucoup. Pour Stray Kids, le succès consiste à se challenger pour faire quelque chose de différent, à surprendre les gens – c’est le son des sirènes sur des synthés ondulants et les rires délirants qui éclatent dans le studio lorsque les trois sont ensemble. Après plus de 100 chansons dans leur carrière ils peuvent encore y trouver de la nouveauté.
On peut l’entendre sur MAXIDENT. ”Super Board” tisse des riffs de synthé sombres avec une batterie propulsive pour créer une atmosphère cyberpunk éclectique ; “Give Me Your TMI” est du glitch hop pur et chaotique – une approche funky pour apprendre à connaître son crush ; et “Chill”, produit par HAN, décrit une relation en période de refroidissement avec un rythme détendu et une compréhension fine que l’amour et le chagrin forment un arc continu. L’album offre également à tous les membres l’occasion de développer davantage leurs compétences en écriture et en production à travers une série de trois morceaux unitaires.
Les danseurs Lee Know, Hyunjin et Felix s’associent sur “Taste”, une exploration sombre et sensuelle du désir et de la possession. Lors de la production du morceau, Hyunjin voulait transmettre le message, “Ne regardez pas les autres, ne regardez que nous”, tout en exprimant le thème de l’amour “de manière profonde et sexy”. Felix et Lee Know ont contribué à des paroles et des mélodies supplémentaires.
LK. Nous voulions exprimer un amour plus profond et mature, donc j’ai dû prendre cet aspect en compte lors de l’écriture de la mélodie.
Explique Lee Know, ajoutant que la performance de l’unité a également été essentielle au processus créatif.
Pendant ce temps, les vocalistes Seungmin et I.N se sont concentrés sur la création d’une ambiance. En tant que plus jeunes membres du groupe, ils voulaient mettre en avant leur jeunesse. “Can’t Stop”, explique Seungmin, démontre un amour qui fait battre le cœur « que seuls ceux du même âge peuvent exprimer et ressentir ». Ils ont écrit les paroles aux côtés du producteur chevronné Hong Jisang, qui apporte sa maîtrise des progressions d’accords dynamiques et des harmonies au morceau pop-rock. Pour I.N, l’objectif était simple : créer une chanson entraînante “que les fans peuvent chanter en chœur”.
3RACHA ont adopté une approche différente. Sur le morceau drill éponyme, le trio revisite ses origines modestes. Il s’ouvre sur Changbin, plus percutant que jamais, annonçant, “1, 2, 3RACHA get spotlight” – un clin d’œil au tout premier morceau que 3RACHA a créé ensemble. Les paroles les relient à leur passé à travers le prisme du présent. Il y a quelques années, ils étaient des adolescents maladroits qui mettaient en ligne leurs mixtapes sur SoundCloud et des forums hip-hop, demandant à quiconque de les écouter. Aujourd’hui, ils remplissent des arènes à travers le monde.
CB. Il y a une fine ligne entre arrogance et confiance.
Rappe Changbin, affirmant que c’est leur confiance qui les a propulsés au sommet. À présent, c’est une assurance bien ancrée, acquise avec l’âge.
HAN. Quand on réécoute notre musique d’avant, c’est définitivement très mignon et frais.
Il sourit. Une lueur de malice brille dans les yeux de ce rappeur agile.
HAN. Plus que les compétences artistiques et vocales ou les idées musicales, notre travail initial rappelle de jeunes agneaux avançant avec de grands rêves et de grandes ambitions. On voit que nous étions liés par une passion intense. Aujourd’hui, nous avons mûri et grandi en termes d’idées, de compétences et des messages que nous voulons transmettre. Nous ne pouvons pas imiter ce que nous faisions dans nos premières années. Nos paroles n’étaient pas aussi flexibles qu’elles le sont maintenant. Elles étaient trop brutes.
CB. Je ne pense pas que beaucoup de choses aient changé.
C’est ce qui rend la dynamique entre Han et Changbin si puissante ; ils peuvent être en désaccord, tout en parvenant à des conclusions similaires.
CB. Les émotions que je ressentais dans le passé et celles que je ressens maintenant sont assez similaires. Mais je pense que ma perspective a changé. Même si c’est le même problème, ma façon de voir les choses a changé. Lorsqu’il se passe quelque chose, ma manière de penser et de réagir a changé, et je pense que ce changement de perspective se reflète dans ma musique. Mon point de vue ? Ma perspective ? Mes valeurs ? Ma perspective a changé.
Du point de vue de Changbin, on comprend pourquoi Stray Kids ont mis près de cinq ans avant de chanter sur l’amour. Il est plus facile de le laisser se dérouler plutôt que de le forcer. Aujourd’hui, en tant que groupe de 20 ans et quelques, ils peuvent l’examiner avec une perspective mature.
BC. Mature ? Si vous nous regardez, regardez la façon dont nous agissons ensemble, je ne pense pas que nous soyons matures.
Il sourit. HAN rit. Peut-être qu’ils ne le voient pas encore. Mais leurs fans peuvent l’entendre.
