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L’évolution de Felix Lee de Stray Kids

© Taylor Glasby
Traduction ENG-FR : Stray Kids France 
Ne pas reposter sans les crédits complets. La traduction peut contenir des erreurs/reformulations

Du repérage dans les rues de Sydney pour devenir stagiaire jusqu’à son intégration dans l’un des boys bands les plus subversifs et influents de la K-pop, le membre de Stray Kids a vécu un parcours mémorable au cours des trois dernières années.

 

Felix Lee se souvient précisément du moment où il a eu le déclic pour la scène, ce qui l’amènera plus tard à faire partie du groupe de K-pop de huit membres, Stray Kids. « Vous savez comment les jeunes enfants font des spectacles ? » demande-t-il, un demi-sourire aux lèvres et un sourcil levé. « Eh bien, j’avais cinq ans et j’étais déguisé en animal. » En une sorte de créature duveteuse ressemblant à un guépard, avec un serre-tête à oreilles et des moustaches dessinées sur le visage, pour être précis. « J’ai fait une petite chanson et une danse, et je me suis dit : ‘J’aime vraiment monter sur scène, c’est amusant’. » Dit simplement, cela lui est apparu comme « quelque chose que je veux vraiment faire ».

 

Son nom coréen est Lee Yong Bok, mais le fait d’avoir grandi à Seven Hills, une banlieue verdoyante de Sydney, s’est accompagné de l’ajout d’un prénom occidentalisé. Son père a choisi « Felix », d’origine latine. « Cela signifie bonheur. J’étais une boule d’énergie hyperactive et joyeuse, voilà pourquoi », explique le jeune homme de 21 ans, tandis que les taches de rousseur parsemant son nez et ses joues sont invisibles sous une couche de fond de teint au fini frais.

 

Sa présence lumineuse et sa douce candeur lui ont valu le surnom de « Felix Sunshine », mais pour quelqu’un qui a été repéré dans les rues de Sydney pour passer une audition de stagiaire, qui a déménagé en Corée du Sud sans parler la langue, qui a traversé une émission de survie éprouvante, puis a débuté avec Stray Kids à 17 ans, il y a beaucoup à dire sur la ténacité tranquille mais intrépide de Lee Felix.

 

Au sein de Stray Kids, sa position (comme pour toutes les idoles de K-pop) est multiforme : il est rappeur, danseur et chanteur. Il possède un humour pince-sans-rire et une beauté elfique mais, par un contraste saisissant, dispose d’un ton vocal profond et résonnant qui se dépose de manière mélodieuse dans l’oreille. « C’est grâce à mon père, il a une voix très grave. C’est arrivé quand j’ai commencé le lycée, à 13 ans, ce qui était tôt par rapport à mes amis », dit-il. « Un matin, je me suis dit : ‘C’est quoi ça ?' » Il imite avec ironie sa voix qui mue, en se tenant la gorge. « ‘Est-ce que j’ai attrapé un rhume ?’ Alors j’ai demandé à ma mère : ‘Est-ce que je suis malade ?’ Il s’est avéré que non, j’entrais juste dans la puberté. Et j’étais là : ‘Ohhh, d’accord, je comprends maintenant’. »

 

La première rencontre de Felix avec la K-pop lorsqu’il était enfant fut, par coïncidence, le groupe masculin 2PM, formé par le label même au sein duquel il est aujourd’hui signé. Sous l’égide de JYP Entertainment, Felix ne s’est entraîné que pendant un an avant d’être propulsé sous les projecteurs, choisi personnellement par le leader de Stray Kids, Bang Chan, qui lui a dit simplement : « Je te veux dans mon équipe ». Cette décision l’a terrassé. « Je ne m’attendais pas à ce qu’une personne comme moi, qui essayait d’être comme lui — doué pour le chant, la danse, le rap — soit choisie », rit Felix, encore incrédule. « Cela m’a donné envie de travailler encore plus dur. »

 

Son inquiétude était la suivante : « Personnellement, je pensais que par rapport aux autres, j’étais encore en phase d’apprentissage et que je devais m’améliorer. Passer à la télévision était très intéressant et amusant, mais c’était quelque chose à quoi je n’étais vraiment pas préparé. » Au cours du huitième épisode de l’émission de survie créée pour déterminer lesquels de ces stagiaires feraient leurs débuts officiels, Felix fut écarté de la formation, son manque d’expérience avec la langue coréenne étant trop flagrant. Un Bang Chan stoïque mais les yeux embués dit à un Felix visiblement dévasté qu’il refuse de « l’abandonner » ; heureusement, un rebondissement permit à Felix (ainsi qu’à Lee Know) d’obtenir une seconde chance, tandis qu’un vote du public lors de l’épisode final permit aux deux garçons éliminés de faire leurs débuts.

 

Le lien entre Felix et Bang Chan demeure inébranlable, que ce soit en tant qu’amis, coéquipiers, ou dans leur relation mentor-élève. « Nous discutons encore beaucoup, du genre : ‘À quoi penses-tu ces jours-ci ?’ ou simplement le classique ‘Qu’est-ce que tu as mangé ?' » De manière attachante, son accent australien toujours très marqué transforme la question en un « whaddidya eat » indistinct. Bien que Felix ne puisse identifier de « changement majeur » dans leur relation, la dépendance considérable l’un envers l’autre qui définissait leurs premières années s’est estompée. « J’avais l’habitude de demander beaucoup d’aide », confie-t-il à propos des enregistrements en studio où Bang Chan (l’un des trois auteurs-compositeurs et producteurs du groupe) était toujours présent pour le diriger. « Ou dès que nous étions à l’entraînement de danse, il aidait les plus jeunes membres ; mais aujourd’hui, j’arrive préparé, j’ai plus d’expérience et j’essaie vraiment de me renforcer par moi-même. »

 

En tant que chanteur et rappeur, les contributions de Felix sont devenues des moments de plus en plus emblématiques pour les STAY (le fandom de Stray Kids). Une vidéo compilation réalisée par des fans et mise en ligne sur YouTube l’été dernier, intitulée « chaque clip de Stray Kids mais uniquement avec la voix super grave de Felix », cumule plus de deux millions de vues. Sur Victory Song (2019), son premier couplet se déploie comme un grondement d’avertissement ; son interprétation du refrain sur Side Effects (2019) — 머리 아프다 (j’ai mal à la tête) — est l’équivalent sonore inquiétant du point de bascule vers le chaos, et ses passages dans God’s Menu l’année dernière sont devenus viraux parmi les créateurs de vidéos de réaction sur YouTube. Felix s’illumine véritablement à cette évocation, mais ces réactions fiévreuses ont été une surprise car, lors de l’enregistrement, il se concentrait sur « la structure… Ceci sonnerait bien, ou cela sonnerait très puissant, mais pas du genre : ‘Oh, c’est un moment iconique’. Si la chanson entière est mémorable, j’ai le sentiment d’avoir fait ma part. Tant que les fans apprécient ce que nous créons pour eux, je suis content. »

 

L’évolution de la perception de ses propres capacités est un travail de longue haleine. Sur leurs deux premières sorties — Hellevator (2017) et District 9 (2018) — Felix savait qu’il devait apprécier d’être sur scène, mais trouvait cela si « angoissant de se produire devant des gens [qu’il] se concentrait uniquement sur la danse et sur sa partie ». Avec MIROH en 2019, cette prudence semble avoir laissé place à une nouvelle assurance ; malgré cela, Felix reste insatisfait. « Il y avait beaucoup de confiance mais je ne me concentrais pas sur moi-même, sur mes expressions ou mes gestes, je pensais davantage à l’équipe. Je présentais mes lignes avec aisance et, le reste du temps, je dansais exactement comme je l’avais répété », nuance-t-il.

 

Ce qui lui manquait, selon lui, c’était ce naturel qui transforme une performance : d’un simple spectacle observé par le public, elle devient une expérience viscérale partagée. Cette pièce manquante du puzzle s’est mise en place lors de la compétition entre plusieurs groupes, Kingdom: Legendary War, qui s’est déroulée entre avril et juin dernier. Les performances de Stray Kids étaient complexes et exigeantes, mais au milieu du tournage, Felix a réalisé qu’il avait « développé sa propre façon de performer tout en restant en accord avec le groupe. J’ai clairement acquis le sens de ma propre identité pour interpréter ma partie naturellement. Je souris un peu, ou je fais un clin d’œil ou un petit geste, et c’est le signe que je suis à l’aise. »

 

Felix a tendance à s’inquiéter du fait qu’il lui faut parfois plus de temps qu’à ses coéquipiers pour maîtriser une chorégraphie ou la prononciation d’une parole, se qualifiant lui-même d' »apprenti lent » ; mais, dans le même souffle, il n’est pas mécontent qu’il lui ait fallu plusieurs années pour arriver à un stade où il peut accepter cet aspect de lui-même. « Je suis lent et méticuleux parce que je veux que les choses soient bien faites. Je peux m’agacer un peu, du genre : ‘Pourquoi ça ne marche pas !?' », admet-il. « J’ai besoin d’un court instant pour réfléchir et trouver une solution. Comme aux échecs, par exemple : si je devais faire un mouvement et que ça ne se passait pas comme prévu, je prendrais du recul pour regarder la situation dans son ensemble : comment puis-je franchir cet obstacle ? »

 

Tu joues aux échecs, Felix ? Ses yeux s’écarquillent. « Moi ? Non, non ! » Il rit. « Les échecs, c’est vraiment difficile. Mais c’est un jeu très stratégique, et il m’arrive de réfléchir à beaucoup de stratégies pour me rendre d’un point A à un point B. » Il possède un monologue intérieur qui n’est pas tant un narrateur qu’un tuteur. « Il n’est pas toujours activé, seulement quand je veux réussir quelque chose et me concentrer sur chaque étape l’une après l’autre. Je mets en place des instructions très précises dans ma tête — tout ce que j’ai à faire c’est ceci, puis cela, puis cela — et ça devient une habitude », explique-t-il.

 

Dans l’industrie frénétique du divertissement, où tout n’est qu’ascension sociale, la réflexion posée et la persévérance singulière de Felix sont séduisantes. Ses objectifs — être très bon dans ce qu’il fait, et se rendre heureux tout en rendant les autres heureux — sont modestes et directs. Il trouve les éléments clés pour les atteindre à travers le groupe et les fans, attribuant à ces derniers d’importantes leçons de confiance en soi : « Beaucoup de nos STAYs disent : ‘Je t’aime pour ce que tu es, le simple fait que tu sois toi-même fait de moi la personne la plus heureuse au monde’. Ces commentaires m’ont aidé à m’accepter beaucoup plus. »

 

Il prépare des cookies et des brownies, les distribuant aux membres, au personnel et aux autres groupes d’idoles pour leur plus grand plaisir. Son langage de l’amour est le toucher. À tout moment, il peut enlacer, tapoter, chahuter ou se blottir contre ses coéquipiers. Felix rit. « Ouaip, j’aime bien m’accrocher, je suis quelqu’un de très câlin. L’un des moments dont je me souviens le mieux, c’est mon premier jour à l’école maternelle. Je me rappelle être resté accroché à la jambe de ma mère pendant genre une heure, avant de finalement lâcher prise. » Mais en lâchant prise, un tout nouveau monde d’indépendance s’est ouvert pour le jeune Felix, une expérience de découverte qu’il est, une fois de plus, en train de vivre pleinement.

 

« Si j’ai un emploi du temps très chargé pendant une semaine, il y a un jour où nous nous reposons. Certains jours, j’ai envie de passer du temps avec moi-même. » Il utilise cette solitude de plusieurs manières. « J’essaie de trouver de nouveaux loisirs — des choses agréables que je veux faire dans la vie ou que je n’ai jamais faites auparavant. » Parfois, c’est aussi simple que d’aller se promener. « Cela faisait si longtemps que je n’étais pas allé me promener tout seul, n’est-ce pas ? En Australie, j’avais l’habitude de faire beaucoup de promenades », dit-il. « Durant ces moments-là, je réfléchis à la tournure que prend ma vie ou à ce que je ressens ; j’aime accorder plus de temps à cela. »

 

Comme beaucoup de jeunes hommes de son âge, Felix est en pleine mutation — il n’est plus un adolescent, mais pas encore tout à fait un adulte — et tente de découvrir qui il devient. Cela semble d’autant plus difficile quand on considère que le Felix des quatre dernières années est ancré dans l’imaginaire du public à travers des milliers de photos et de vidéos. Mais, comme on peut s’y attendre désormais, Felix avance à son propre rythme, analysant les choses au fur et à mesure. Felix adore donner aux fans « une impression de soleil. Je suis très heureux de pouvoir leur apporter de la chaleur, cela me rend fier de ce que je fais. Mais à mesure que je mûris, je veux montrer une facette différente… pas toujours un côté mignon, peut-être un côté un peu ‘cool’ ? » Il rit parce qu’il n’est pas sûr de ce à quoi ressemble le fait d’être cool, et « parce que j’aime être drôle et radieux, je ne me suis jamais vraiment considéré comme quelqu’un de cool de toute façon. »

 

Ce dont il est certain, c’est que les changements qu’il opère en tant qu’artiste doivent toujours sembler organiques ; son évolution sur scène doit être en harmonie avec ce qu’il est en dehors. C’est un processus qu’il a déjà entamé en traçant des parallèles entre son parcours d’idole et son immersion dans l’art délicat de la pâtisserie au cours de l’année écoulée. Avant toute chose, il veut être satisfait de ce qu’il crée, et cela doit être parfait dans la mesure du possible, dit-il, bien qu’il soit important qu’il soit capable d’en reconnaître lui-même la perfection plutôt que d’attendre que d’autres le lui disent.

 

Sa confiance accrue signifie qu’il ressent moins cette panique paralysante si, ou quand, il commet des erreurs. « Il y a tellement d’étapes et il faut prendre le temps de les maîtriser ; il y a donc des moments où j’échoue ou je fais de petites erreurs, mais ce n’est pas la fin du monde, il y a beaucoup d’opportunités que je peux saisir tant que j’essaie », médite Felix. « En faisant de la pâtisserie, j’ai réalisé que même si je ne suis pas nécessairement la recette à la lettre et que j’ajoute ma propre touche, les gens autour de moi apprécient vraiment le résultat. Je veux m’en souvenir davantage chaque jour, surtout quand je travaille. Si je le peux, j’aimerais ajouter un petit quelque chose en plus, une véritable saveur de qui je suis, au mélange de Stray Kids sur scène, et j’espère ainsi rester gravé dans les mémoires pour longtemps. »

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