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Bang Chan, Changbin et Han de 3RACHA entrent dans la lumière

© Crystal Bell

Trad ENG-FR : Stray Kids France

Ne pas reposter sans les crédits complets. La traduction peut contenir des erreurs/reformulations.

Si vous aviez dit au Changbin de 17 ans qu’un jour, des dizaines de milliers de personnes crieraient son nom dans une arène comble, un sourire satisfait aurait pu s’esquisser sur son visage. Il aurait été facile de confondre son ambition adolescente avec de l’arrogance, mais la vérité est que Changbin, même dès son plus jeune âge, possédait une foi inébranlable non seulement en sa propre virtuosité, mais aussi en celle de ses amis, Bang Chan et Han. C’est pourquoi il a écrit les paroles « 1, 2, 3RACHA get spotlight » en 2016. Il savait que c’était là qu’ils devaient être.

 

Au cours des années qui ont suivi, 3RACHA – le trio de rap formé par Bang Chan, Changbin et Han lorsqu’ils étaient stagiaires chez JYP Entertainment, avant de débuter comme membres de Stray Kids en 2018 – sont devenus certains des idoles auto-producteurs les plus prolifiques de Corée du Sud, façonnant une œuvre éclectique qui a directement influencé le son de la génération actuelle de la K-pop. Bruyants, honnêtes et disruptifs, les membres de 3RACHA ont dicté une grande partie de l’identité sonore de Stray Kids dès le début, sculptant le son distinct du groupe depuis leurs chambres de dortoir à Séoul. Bang Chan créait des beats artisanaux au milieu de la nuit sous le pseudonyme CB97 ; Changbin et Han travaillaient sur les paroles et la composition, sous les noms de SpearB et J.One, respectivement.

 

Ils se sont baptisés 3RACHA parce qu’ils voulaient que le monde goûte à la saveur piquante de leur musique – qu’il ressente la chaleur brûlante de leurs mots. Ils ont sorti leur première mixtape au début de l’année 2017, la publiant sur SoundCloud et sur des forums de hip-hop spécialisés (un fait qu’ils préféreraient que vous oubliiez). Le projet s’ouvre sur « Intro », la toute première chanson sur laquelle 3RACHA a travaillé collectivement. On y perçoit des fragments de ce qui deviendra leur style caractéristique : des arrangements Trap, une panoplie de samples et des paroles à la limite de la vantardise. Et bien que leur son ait depuis évolué et se soit élargi, leur confiance en eux n’a jamais faibli, c’est pourquoi, cinq ans plus tard, ils ouvrent leur nouveau titre éponyme avec la même déclaration : « 1, 2, 3RACHA get spotlight. »

 

« Nous discutions de la façon dont nous avons grandi et de ce que nous avons traversé, de notre passion pour notre travail, et de la manière dont cela représente réellement 3RACHA », confie Bang Chan à PAPER. Il est la fin de la matinée à Séoul et il cache ses cheveux sombres et ébouriffés sous la capuche de son sweat noir MAHAGRID car, dit-il, il s’est réveillé 30 minutes avant notre appel Zoom. (« C’est pour votre confort », plaisante-t-il.) Stray Kids sont en plein préparatifs de « comeback » pour leur nouvel EP, *MAXIDENT*, sur lequel 3RACHA est crédité sur presque chaque chanson. Il est rejoint dans une salle de conférence de l’agence par Han et Changbin, qui affichent la même fatigue. Mais ils sont là pour parler de l’album, et plus précisément de leur chanson en sous-unité, « 3RACHA ».

 

Le titre était une idée de Changbin. « Cela me ramène à ce moment-là », dit-il. Il voulait qu’il reflète le parcours de 3RACHA, de « Intro » à aujourd’hui. « Nous avons rivalisé et gagné par la quantité et la qualité », rappe-t-il sur le morceau. « Un rêve vague et lointain ? Ce n’est pas nous qui avions la tête dans les nuages. » La force des mots de Changbin réside dans sa franchise, et ces paroles soulignent l’un des points forts de 3RACHA : ils ne s’arrêtent jamais de créer. Il n’est pas rare que Bang Chan travaille sur des morceaux au milieu des emplois du temps chargés du groupe, dans les loges entre deux enregistrements ou dans des chambres d’hôtel pendant les tournées. C’est le cas pour « 3RACHA ». Le trio a enregistré la démo alors qu’ils étaient en quarantaine individuelle dans un hôtel en mars dernier, après que plusieurs membres ont été testés positifs au COVID-19. Cela a interrompu leurs promotions pour l’album ODDINARY et a donné à 3RACHA un temps libre inattendu pour travailler sur de la musique. Ils ont assemblé le morceau à distance. « C’est notre truc », commence Bang Chan, « chaque fois que nous faisons un comeback, ou même avant de revenir, nous devons déjà préparer le prochain album. »

 

Dans l’industrie de la K-pop, on attend des groupes d’idoles qu’ils sortent plusieurs albums par an, ce qui signifie que le travail est incessant. Cette année seulement, Stray Kids a sorti trois EP (dont un sur le marché japonais) et un titre mixtape dédié à leurs fans, a entamé une tournée des arenas à guichets fermés aux États-Unis, et 3RACHA a participé à la création de « Heyday », leur redoutable contribution à la bande originale de *Street Man Fighter*. Et cela n’inclut même pas les titres solo que les membres de Stray Kids sortent de leur côté, généralement avec l’aide de Bang Chan, le leader infatigable du groupe. « C’est toujours assez difficile », dit-il, en évoquant leurs délais serrés. Mais ils se sont adaptés depuis longtemps à leur charge de travail. Les idées, ajoute-t-il, viennent intuitivement et, étonnamment, ils vont toujours jusqu’au bout – de la conception à la finalisation.

 

« Je ne pense pas que nous ayons déjà dit « Arrêtons, ça ne marche pas » quand nous avons travaillé en trio, n’est-ce pas ? » demande Bang Chan à Changbin, assis à côté de Han. Le rappeur s’appuie sur son coude, sa casquette de baseball noire enfoncée sur la tête, et répond : « Je pense qu’il y a eu quelques fois, mais c’est proche de zéro. » Selon Changbin, ils n’abandonnent jamais de morceaux en cours de route. Ils finissent toujours une chanson d’abord, puis décident de ce qu’ils vont en faire. On peut donc imaginer que le disque dur de Bang Chan regorge de trésors inédits. « Il y a beaucoup de chansons que nous n’avons pas encore sorties », confirme Changbin, « mais aucune que nous avons abandonnée. »

 

Certains de ces projets servent même d’inspiration pour des travaux futurs. « Give Me Your TMI », un titre glitch-hop qui figure sur *MAXIDENT*, a en réalité été écrit il y a quelques années. De même, une phrase culte d’un « cypher » que 3RACHA avait présenté pour la première fois au KCON:TACT en 2020 s’est retrouvée dans la chanson « 3RACHA » deux ans plus tard. « Ils sortent toujours les mêmes excuses », chante Bang Chan à la fin du morceau, « Pendant qu’ils se plaignent, nous, on produit. » (Lorsqu’on lui demande d’identifier le « ils » en question, il se trouble et répond : « C’est le genre de réponse laissée à l’interprétation. »)

 

Pour « 3RACHA », Changbin et Han voulaient essayer quelque chose de nouveau : la drill. « J’adore la drill », confie Bang Chan, alors quand ils lui ont demandé, il était ravi. Le titre sombre et atmosphérique a pris forme rapidement, avec l’aide du producteur VERSACHOI, l’un de leurs collaborateurs fréquents. « Nous voulions créer une chanson qui aurait un impact fort une fois interprétée sur scène », explique Bang Chan. « C’était notre état d’esprit au moment de terminer la démo. »

 

Il n’y a pas vraiment de formule magique au processus de 3RACHA. Ils expliquent que tout commence par un thème ou une ambiance. Bang Chan travaille généralement sur l’arrangement du morceau, tandis que Changbin et Han se concentrent sur les paroles et les mélodies. Changbin construit la structure lyrique ; il a un don pour écrire des mélodies de tête (« toplines ») addictives et pour créer des contrastes. Han participe à l’organisation globale de la chanson ; c’est un auteur habile et instinctif, connu pour écrire des couplets entiers en moins de 30 minutes. Il a ainsi enregistré la démo de « Chill », un b-side de *MAXIDENT* qu’il a écrit et produit seul, en environ trois heures. Cependant, il ne lui a pas toujours été aussi facile de finaliser ses projets. Il est souvent influencé par ses émotions, et un mauvais jour peut faire dérailler sa productivité. Depuis, il a appris à apporter plus de confiance en lui dans le studio.

 

« Quand je commence à travailler sur un morceau, j’ai besoin d’être confiant, et il est important pour moi que le processus de création d’un projet ou d’une chanson soit amusant et agréable », explique Han. « Par le passé, quand j’ai commencé à écrire de la musique, j’avais beaucoup d’inquiétudes et je n’arrivais pas à organiser mes pensées. C’était difficile de rassembler et d’ordonner mes idées. Mais j’ai dû grandir un peu depuis, et maintenant je suis capable de collaborer assez bien avec les membres. L’écriture des paroles est beaucoup plus fluide et rapide. J’aime aussi partager des idées amusantes ensemble. »

 

« Donc, avec le temps », ajoute-t-il, « j’ai acquis la certitude qu’une chanson en particulier aura un excellent résultat, qu’elle sera fun, agréable et qu’elle ressemblera à du Stray Kids. »

 

Ce qui caractérise Changbin, c’est son sens de l’observation. Il est incroyablement doué pour décrypter les gens et les situations, un trait particulièrement utile lorsqu’il travaille avec les autres. « Je m’intéresse aux gens qui m’entourent et à ce qui se passe autour de moi », explique Changbin. « Je suis aussi au milieu [en termes d’âge], donc je ressens la responsabilité d’être le pont qui relie les membres. »

 

Pour décrire leur dynamique, 3RACHA utilise une métaphore éprouvée qui occupe une place centrale dans la chanson « 3RACHA ». Sur le refrain, ils se décrivent comme « le choc de trois nuages de pluie ». C’est une image que Han affectionne tout particulièrement, et c’est la raison pour laquelle il s’agit de sa réplique préférée du morceau. « Les paroles créent une image de notre unité dans mon esprit », dit Han. « Quand on voit un nuage de pluie, il peut provoquer une averse passagère sous le soleil, ou une fine bruine. Mais ces paroles me rappellent que lorsque nous nous réunissons tous les trois, nous pouvons créer quelque chose d’immense, comme un nuage d’orage. J’adore cette imagerie. Mon cœur s’emballe quand j’y pense. »

 

L’objectif n’est jamais simplement de faire quelque chose de bien ; il s’agit de marquer les esprits, « de créer quelque chose que nous apprécions, quelque chose dont nous sommes fiers », déclare Bang Chan. « La musique est une question de préférences. Tout dépend de ce que vous aimez. Si vous trouvez que c’est de la bonne musique, alors c’en est. Si vous trouvez que c’est mauvais, c’est de la mauvaise musique. Il n’y a pas de réponse toute faite dans l’art, et je ne pense vraiment pas qu’il soit juste de coller une étiquette sur la musique », ajoute-t-il. « Je ne pense pas qu’il existe une chose telle que la « bonne musique », mais une chose dont je suis sûr, c’est qu’il y a de la musique que j’aime, de la musique qui me plaît. »

 

On peut en dire autant du processus de création, de la manière dont ils cousent leurs histoires dans la doublure de chaque chanson, même celles qui n’ont pas encore été publiées. Un studio. Une page blanche. La lueur d’un écran d’ordinateur. C’est là qu’est leur projecteur. Ils l’ont trouvé il y a bien longtemps.

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