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Stray Kids inspirent leur génération à prendre le micro
© Crystal Bell
Trad ENG-FR : Stray Kids France
Ne pas reposter sans les crédits complets. La traduction peut contenir des erreurs/reformulations.
Les jeunes perturbateurs de la K-pop naviguent dans l’âge adulte aux côtés de leurs fans.
Stray Kids se battent avec leurs fans pour savoir qui aime l’autre le plus. Les fans ont commencé, faisant résonner leur chant improvisé dans le Théâtre Microsoft au centre-ville de New York : “On vous aime ! On vous aime !”, ont-ils hurlé à répétition. Le son est assourdissant, prenant de court les garçons. Les huit membres ont riposté avec leur propre refrain passionné. “Nous aimons les STAYs”, ont-ils répondu, faisant référence à leur légion de fans internationaux. Les deux côtés ont hurlé jusqu’à ce que, finalement, Stray Kids avouent leur défaite ; se tenant maladroitement sur scène, apparemment peu certains de la manière dont ils étaient censés recevoir cette admiration. Bang Chan, le leader inébranlable du groupe Coréen, regarde autour de lui avec admiration, alors que Seungmin, le vocaliste mime un cœur avec ses mains et pointe la foule, bien résolu à avoir le dernier mot.
Ce n’est pas la première fois que Stray Kids perd à la bataille de qui-aime-qui. C’est arrivé dans les villes au travers des Etats-Unis, de New York jusque Dallas, en plein milieu de leur tournée mondiale District 9 : Unlock. C’est canon, gravé dans l’histoire courte mais colorée du groupe, aux côtés de moments viraux tels que “Seungmin in the building” et “I’m not gonna leave you behind”. Les marques d’affection entre les idols et les fans ne sont pas nouvelles mais, avec Stray Kids, elles ne sont jamais forcées.
“Peu importe votre âge,” dit Bang Chan à la foule en plein milieu du concert, renforçant l’intensité à chaque mot. “Peu importe que vous soyez un garçon ou une fille, ou qui vous choisissez d’être. Peu importe d’où vous venez — tout le monde est le bienvenu dans notre district spécial”.
Deux semaines avant cette performance, Stray Kids — Bang Chan, Lee Know, Changbin, Hyunjin, Han, Felix, Seungmin et I.N — observent la vue depuis une salle de conférence dans un gratte-ciel de Times Square. Le ciel est gris, mais ça ne décourage pas Hyunjin à prendre une série de selfie contre la baie-vitrée. Alors que le danseur agile travaille sur ses angles, ses acolytes sont disséminés dans la salle. Han a branché son téléphone sur le matériel audiovisuel de la salle pour regarder un anime; Bang Chan est penché sur son téléphone, tapant attentivement sur l’écran; Lee Know repose ses yeux; et l’Australien Felix commère à propos des Grammy Awards de la nuit dernière. Comme tous les adolescents, il est fan de Billie Eilish, et son historique raffle de prix aux Grammys lui semble difficile à croire. “Tu te rends compte ?” il dit, avec de grands yeux brillants. “Elle n’a que 18 ans. C’est incroyable.”
Mais à 19 ans, le rappeur a la voix profonde, dont les traits délicats trahissent les cheveux rouge-cerise, a lui aussi rencontré le succès à un jeune âge. Durant l’année suivant leurs débuts en 2018, Stray Kids ont gagné 11 prix rookie et publié cinq EPs. En fait, pendant que Eilish et son frère Finneas créaient des morceaux dans une chambre d’Highland Park, les garçons prodiges et tenaces de JYP Entertainment perfectionnaient leur propre musique unique dans un petit studio de Seoul, en Corée du Sud. Les membres Bang Chan, Changbin, et Han composent le trio de production principal du groupe, 3RACHA, et font de la musique ensemble depuis qu’ils sont trainees en 2017. Les anciennes chansons comme “Start Line” et “Runner’s High” ont établi les fondations de l’identité sonore de Stray Kids : Avec la puissance perturbatrice du punk, ils offrent des paroles astucieuses et poignantes à propos de l’expérience de la vie d’adulte et ses effets secondaires.
“Les choses dont on s’inquiète et dont les STAYs s’inquiètent — nous partageons beaucoup de difficultés similaires,” explique HAN à MTV News. “Même si nos ambitions sont différentes, on travaille tous aussi dur. C’est devenu notre inspiration musicale.” Comme la force créative derrière les paroles les plus vulnérables du groupe, “19” et “Sunshine”, le rappeur de 19 ans révèle ses pensées et craintes les plus intimes aux fans. Mais cette honnêteté peut être effrayante.
“C’est angoissant,” dit Bang Chan. “Parfois on se dit, ‘Si on parle de ça, est-ce que les gens nous comprendront ? Est-ce qu’ils pourront se mettre à notre place ?’ Nous réfléchissons toujours à la manière dont nous pouvons atteindre les gens avec nos paroles car nous voulons que notre musique les aide.”
Cette empathie s’est tissée dans leurs musiques depuis le début. Les premiers singles de Stray Kids, la chanson de pre-debut “Hellevator” et la sombre “District 9”, sont pleines d’angoisse et d’agression, des musiques pour ceux qui refusent la pression sociétale et suivent leurs propres règles. “My Pace” est un hymne puissant, plein d’énergie et d’affirmations. (”Ne te compare pas aux autres,” chante Bang Chan lors du refrain. “Tu as le droit de courir moins vite.”) Les chansons comme “Voices” et “Side Effects” offrent un aperçu intime de l’état d’esprit d’une jeune personne qui cherche encore sa place dans le monde, alors que “Miroh” et “Victory Song” débordent de sons explosifs et de bravades de jeunesse.
“Les jeunes d’aujourd’hui peuvent se sentir un peu coincés, on leur dit constamment ce qu’ils doivent faire et on se sent comme si on ne pouvait pas choisir pour soi-même,” explique Bang Chan. “Alors, nous voulons que les personnes de notre âge se sentent à l’aise pour s’exprimer et parler de ce qu’ils pensent.”
En encourageant leurs fans à explorer leurs blessures intérieures, à tout ressentir, ils s’assurent que leur message ne soit jamais moralisateur. “Tous les pas égarés s’assemblent pour former un nouveau chemin”, disent-ils à leur concert. Et avec leur dernière musique “Levanter”, tiré de leur sixième EP “Clé : Levanter”, Stray Kids ont fini par comprendre que le voyage est plus significatif que la destination, et qu’en fin de compte, c’est à eux de définir la voie qui les attend. Alors ils nouent leurs lacets et foncent à toute allure. “Même si on ne sait pas vraiment quel est le but à accomplir, tant qu’on donne tout et qu’on court ensemble, il ne peut nous arriver que du bien,” explique Bang Chan. “On souhaite juste que plein de gens puissent écouter notre musique et en tirer plein d’énergie et d’espoir.”
Tout comme Selina, cette jeune adulte de 25 ans qui se sent très connectée à leurs paroles, puisqu’elle est “toujours dans ce voyage qu’est la découverte de qui je veux être et ce que je veux faire,” dit-elle, tenant fermement son Lightstick de Stray Kids (une boussole, décoré par le nom de Bang Chan écrit sur le manche) devant le Microsoft Theater. son amie Joseline, âgée de 18 ans, aime que les membres “ont d’autres priorités et centres d’intérêt qu’être un idol de K-Pop”, qu’ils révèlent au travers de postes quotidiens sur Instagram, de lives sur l’application V Live, de TikToks, et de vlogs et vidéos YouTube toutes les semaines. “Ce n’est pas simplement Han de Stray Kids, c’est Han Jisung — rappeur, producteur et personne,” ajoute-t-elle.
Pour Kambree, 17 ans, le groupe dégage une “énergie positive” qui lui permet de se sentir heureuse et acceptée. “Grâce à eux, on se sent comme une famille, peu importe qui nous sommes ou à quoi nous ressemblons,” ajoute-t-elle. Sa meilleure amie, Lexxie, 17 ans, dit que Stray Kids “me permettent de ne pas me sentir seule avec mes problèmes.” Et So Yun, 30 ans, trouve leur mélange de “musique EDM puissante” et “leurs paroles très torturées” lui rappellent les groupes emo qu’elle écoutait quand elle était au lycée. “C’est le même esprit rebelle que je ressentais en tant qu’adolescente qui veut être elle-même et trouver sa propre voix.”
Leur musique a donné à Louis, 30 ans, une toute nouvelle perspective. “J’aime les paroles de [Levanter], ‘Je veux être moi-même, je m’en moque’ — cette phrase me touche beaucoup parce qu’on vit dans une société où les gens essaient de te façonner, mais au point où j’en suis, je veux juste être moi-même, je m’en fous !”
Les meilleures amies Ella et Jazlynn de 19 ans chacune, se sont rencontrées en ligne grâce à leur amour commun de Stray Kids, et elles ont décoré leurs lightsticks avec des paillettes et des stickers holographiques du nom de leurs membres favoris. “La moitié du groupe a techniquement mon âge, donc quand je les vois réussir comme ça, ça me donne envie de travailler encore plus dur,” dit Jazlynn, une bannière de I.N sous le bras. Et pendant qu’elles se sentent réconfortées par l’authenticité des musiques du groupe, comme l’explique Ella, c’est qui ils sont hors de la scène qui fait le plus écho aux fans. “Quand tu vois Felix faire le Renegade, tu te dis, ‘Moi aussi je fais ça !’”
Leur habilité à enflammer la scène avec des performances puissantes tout en restant fidèles à eux-mêmes en coulisses — à la fois en tant que rois incontestés des memes K-Pop et jeunes hommes en passe de devenir adultes — est ce qui rend Stray Kids si proche d’une génération qui vit une grande partie de leur vie en ligne. « Cette génération est à l’aise avec la solitude, » dit Changbin. « Nous avons nos téléphones. Nous n’avons pas toujours besoin de nous parler pour être ensemble. Parfois un SMS suffit. »
Et ils sont plutôt normaux eux aussi. Bang Chan et Changbin regardent des vidéos de Tomorrowland et de l’Ultra Music Festival pour se vider l’esprit au studio; les morceaux « Road Not Taken » et « Stop » sont le résultat direct de ce moment de bien-être. Pour Han, une journée parfaite serait de « ne pas sortir de ma chambre pendant 24 heures. » S’il pouvait passer la journée à regarder des vidéos sur YouTube, il le ferait. En fait, il dit que « Sunshine » a été inspiré par une scène du drama coréen Boys Over Flowers, dans laquelle les personnages principaux se rendent sur une île privée idyllique. Bien que la présence plus grande que nature de Han domine la scène, il se considère comme introverti et admet qu’il espère « surmonter » sa timidité. « Pour ma journée idéale, j’essaierais de nouvelles expériences et je rencontrerais de nouvelles personnes en toute décontraction, je ferais des choses qui me font normalement peur, » explique-t-il. « Tu peux le faire ! » ajoute Bang Chan pour l’encourager.
I.N, le plus jeune membre, prend du temps pour aller faire du shopping, bien qu’il préfère se relaxer sur ses journées de repos. Et quand Felix ne joue pas aux jeux vidéos ou ne détruit pas des cuisines avec Seungmin, il fréquente les cafés à chiens les plus sympas de Séoul. « Nous avons tellement d’adorateurs de chiens dans notre groupe, » dit-il, souriant. « Je regarde beaucoup de chiens, et j’ai le sentiment qu’ils aident à se sentir mieux. J’aimerais vraiment qu’on ait un chien avec l’équipe. » Han pointe Seungmin, que l’on surnomme « chiot, » et Bang Chan ajoute, « Nous en avons déjà un. » Seungmin plisse le nez et dit, « Impossible ! » (Mais Han insiste sur le fait que le chanteur assidu est en fait un « très vilain garçon. »)
De son côté, Hyunjin, connu par ses fans pour son sens du spectacle et sa présence imposante sur scène, est extrêmement ouvert sur ses émotions. Il vient fréquemment sur V Live, où il donne des conseils personnels aux spectateurs de sa série de live Hyunjin’s Counseling Center (Le Centre de Consultation de Hyunjin). Mais le jeune homme de 19 ans admet que s’ouvrir aux STAYs l’a également aidé. « Je n’ai pas toujours beaucoup confiance en moi, » dit-il. “Quand j’ai besoin d’être réconforté ou que je me sens un peu triste, les STAYs sont vraiment doués pour me consoler. Je veux pouvoir leur rendre tout ce réconfort. »
« La connexion entre les STAYs et Stray Kids est celle d’une famille, » ajoute Felix. Han plaisante en disant qu’ils sont les petits frères « embêtants et taquins ». Mais c’est ce sens de la connexion, au sein du groupe aussi bien qu’avec leurs fans, qui a consolidé la place de Stray Kids en tant que voix incontournable de leur génération.
« Les difficultés que nous traversons — l’anxiété, le stress, l’école, l’amour — ils nous conseillent de prendre notre temps et de voir où le chemin nous mène, » dit Selina. « C’est normal de s’écarter du chemin. Il est juste important de rester soi-même. J’associe toujours ça avec eux. L’idée de ‘You Make Stray Kids STAY’ (littéralement, ‘Tu fais rester les enfants égarés’), est de trouver ce qui t’ancre et de continuer d’avancer. »
Et Stray Kids n’ont pas l’intention de ralentir le rythme. Après avoir clôturé leur série Clé avec Levanter, 2020 s’annonce comme une nouvelle page passionnante pour de nouvelles expérimentations musicales, à commencer par les trois chansons originales produites par le groupe pour la tournée. « Wow » est un morceau R&B sexy interprété par les danseurs Lee Know, Hyunjin, et Felix. C’est également leur première chanson d’amour explicite. « Nous voulions essayer une chanson sexy parce que c’est une scène spéciale, » explique Hyunjin, précisant que les danseurs ont travaillé sur leurs propres paroles en plus d’aider à la chorégraphie sensuelle. « Nous voulions inclure des mouvements que nous n’avions jamais essayés auparavant, » ajoute Lee Know, soulignant qu’ils voulaient quelque chose de sexy et de puissant. « C’était donc une nouvelle expérience. »
« My Universe, » interprété par les chanteurs Seungmin et I.N avec l’aide de Changbin, est une ballade pop entraînante. « J’ai toujours voulu essayer quelque chose comme ça, » dit I.N les yeux souriants. Seungmin dit à Changbin assis en face de lui, « Merci pour ton aide. » Et « We Go » de 3RACHA déborde de confiance sur un beat trap brûlant. « Nous avons produit ‘We Go’ la dernière fois que nous étions ici [aux États-Unis], » dit Bang Chan. » Nous avons composé environ trois ou quatre chansons en une journée… La performance est également très amusante. Et ces deux-là [il désigne Han et Changbin] ont eu la chance d’utiliser l’autotune en live. »
Ils ont aussi sorti leur premier single en anglais en janvier, un processus que le rappeur Changbin, connu pour son flow endiablé, qualifie de « difficile. » (« C’était fun, » défend Hyunjin à ses côtés.) « J’écoutais le rap de Changbin [dans ‘Double Knot’] et je me disais, ‘Pourquoi est-ce si rapide ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ?' » raconte Bang Chan. « J’ai essayé d’écrire quelque chose d’aussi simple que possible pour qu’il puisse bien le prononcer. Je suis vraiment content qu’ils aient réussi à l’enregistrer aussi bien pour moi. »
En mars, ils feront leurs débuts au Japon. Et un autre projet de mixtape est en cours, lancé par la sortie digitale de « Gone Days, » un hymne décontracté et teinté d’autotune adressé à la génération des Boomers. Jeu de mot avec le coréen kkondae, cela décrit quelqu’un qui impose des idées et attentes dépassées à autrui uniquement en fonction de son âge et de son statut — et signale l’arrivée d’une nouvelle orientation audacieuse. « Je pense que [les jeunes] ont simplement besoin d’être plus à l’aise avec eux-mêmes, » explique Bang Chan à propos de son inspiration pour ce titre. « En étant soi-même, on ne sait jamais ce qui peut arriver. »
« Je crois toujours qu’une seule personne peut changer le monde, » ajoute-t-il. « Alors si vous avez une pensée ou une idée, n’hésitez pas à l’exprimer. Qui sait ? Vous pourriez rendre le monde bien meilleur. »
