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Stray Kids minimisent leur renommée mondiale : “Le succès est un mot fort”

© Mark Savage
Traduction ENG-FR : Stray Kids France 
Ne pas reposter sans les crédits complets. La traduction peut contenir des erreurs/reformulations

À la fin d’une tournée mondiale épuisante, la plupart des groupes prendraient une pause bien méritée.

 

Pas Stray Kids.

 

Quelques semaines seulement après avoir bouclé leurs concerts dominATE records cet été – incluant deux soirées à guichets fermés au Tottenham Hotspur Stadium de Londres – le groupe coréen a sorti un nouvel album, KARMA.

 

C’est leur deuxième album en moins d’un an ; période durant laquelle ils ont également sorti un nouvel EP et une mixtape de 12 titres, HOP, avec des morceaux solo de chacun des huit membres : Bang Chan, Changbin, Felix, Han, Hyunjin, I.N, Lee Know et Seungmin.

 

Et ce n’est pas tout, ils ont aussi fait leurs débuts dans le Marvel Cinematic Universe, via une apparition dans Deadpool & Wolverine, pour lequel ils ont contribué à la bande-son avec la chanson Slash. Ryan Reynolds et Hugh Jackman ont rendu la pareille en faisant un cameo dans leur clip Chk Chk Boom.

 

Toute cette activité a fait d’eux le cinquième artiste le plus vendeur au monde l’année dernière, juste derrière Taylor Swift and Drake.

 

Contrairement à beaucoup de groupes de K-pop, Stray Kids écrivent et produisent leur propre musique. Alors comment ont-ils pu maintenir un tel niveau de créativité tout en faisant une tournée dans les plus grandes salles du monde, jouant des concerts de trois heures chaque soir, tout en trouvant le temps de visiter des galeries d’art locales (Hyunjin) et les bars à patate (Felix) ?

 

“On a réparti les tâches autant que possible et partagé le travail entre les membres,” explique le rappeur et chanteur Han qui, âgé de 25 ans, cumule plus de 170 crédits de production et d’écriture à son actif.

 

“Chaque fois qu’on avait un peu de temps pour enregistrer des démos, on se retrouvait tous ensemble dans une pièce pour finir les chansons en équipe.”

 

Si cela ressemble à une manière d’enregistrer un album qui broie l’âme, c’est que vous avez sous-estimé Stray Kids.

 

Depuis leurs débuts en 2018, le groupe aborde la musique avec une combinaison de curiosité et de soif, repoussant constamment les limites de leur son vers de nouvelles directions.

 

Sur Karma, cela va des rythmes funk brésiliens de Ceremony, aux inflexions pop-punk de In My Head, qui s’inspire des sonorités de Good Charlotte et Avril Lavigne.

 

“Je pense que c’est une super chanson à écouter quand on est stressé ou qu’on traverse une période difficile,” dit I.N. – le plus jeune membre du groupe.

 

Le morceau le plus marquant est Bleep, une réponse provocante à leurs détracteurs – avec un refrain qui utilise le terme d’argot coréen pour désigner le “bip” de censure (삐처리)

 

“Fail, 삐처리 / Frail, 삐처리 / Lazy, 삐처리 / Hazy, 삐처리 / Yada, yada, noise cancellation.” (*fail = échec, 삐처리 = bip, yada = non, noise cancellation = réduction de bruit)

 

“C’est ma favorite,” dit Hyunjin.

 

”Les paroles sont audacieuses et rafraîchissantes, et il y a quelque chose de très satisfaisant dans le message qu’elle porte.”

 

La chanson prend une résonance particulière quand on apprend que Felix – le baryton à la voix tonnante du groupe – a obtenu l’autorisation d’un tribunal américain pour dévoiler l’identité d’un utilisateur anonyme sur les réseaux sociaux dans le cadre d’une plainte pour diffamation.

 

Selon des documents juridiques déposés en Californie, plusieurs publications accusaient le musicien australien de traiter le personnel “comme des domestiques” et de se comporter ”comme s’il était un prince”.

 

Felix, qui poursuit l’utilisateur en justice à Séoul, a déclaré que ces accusations lui avaient causé “une détresse mentale sévère, une détresse physique et une humiliation”.

 

Dans le monde tribal de la K-pop, ce genre d’affaire est étonnamment courant, des fans trop zélés tentant de discréditer les artistes rivaux.

 

Mais, la plupart du temps, Stray Kids préfèrent ne pas se concentrer sur la négativité.

 

Leur nouvel album s’intitule Karma pour refléter la “bonne énergie et la connexion” qu’ils ont construit avec leurs fans les sept dernières années, dit Lee Know.

 

“On s’est dit que c’était le bon moment de raconter cette histoire, parce qu’on peut vraiment sentir le bon karma qui ressort de notre dur labeur” ajoute Changbin.

 

Quiconque a regardé leurs vidéos YouTube sait qu’ils sont bien plus intéressés par le fait de s’amuser – I.N déguisé en grand-mère ; Changbin qui pousse Seungmin dans une piscine ; ou encore la blague récurrente sur leur label qui fournirait des gâteaux d’anniversaire immangeables.

 

Sur les réseaux sociaux, le groupe entretient un lien fort avec son armée de fans – connue sous le nom de STAY – à travers des lives en soirée et des sessions de questions/réponses depuis leurs chambres d’hôtel.

 

Cela donne une intimité particulière à leur célébrité, une qualité qui se retrouve également dans leurs concerts.

 

À Londres cet été, j’ai été frappé par la manière dont Stray Kids ont réduit la distance entre la scène et le public.

 

Au milieu des chorégraphies millimétrées et des effets pyrotechniques, ils ont organisé des challenges de danse et des karaokés ; et ont affiché les prénoms des fans sur les écrans pendant la balade Cinema dans un style Coldplay-ien.

 

Entre les chansons, Changbin a révélé qu’il était honoré de se produire au stade de Tottenham à cause de son amour pour le football anglais ; et ses camarades ont commencé à lancer des sortilèges avec des accents britanniques, comme s’ils auditionnaient pour le reboot d’Harry Potter.

 

Pour l’encore, ils ont dégagé le périmètre du terrain du stade et ont circulé sur de géantes plateformes télescopiques, suivis de personnages gonflables, comme s’ils étaient dans une parade du Macy’s Day. En résultat, même les fans assis tout au fond ont eu leur moment proche de leurs idoles.

 

“C’était une période incroyablement joyeuse pour nous,” se souvient I.N de la tournée.

 

“Je pense qu’on attendra des moments comme ceux là tous les jours, et la tournée nous a vraiment rappelé à quel point les STAYs sont précieux pour nous.”

 

“Pendant la tournée, j’ai réalisé à quel point il y a des STAYs partout pour nous soutenir, peu importe où l’on va,” ajoute Han. “Ça m’a vraiment laissé une grande impression.”

 

En Amérique et en Europe, la tournée dominATE de Stray Kids set a battu des records de billetterie et de fréquentation pour un groupe de K-pop, avec 1,2 million de billets vendus et des recettes de 182 millions de dollars.

 

Comme une sorte de tour d’honneur, Karma est directement entré à la première place des classements américains – faisant d’eux le premier groupe de l’histoire à débuter numéro un avec chacun de ses sept premiers albums éligibles.

 

Mais lorsqu’on les interroge sur tout ce succès, les huit membres deviennent soudainement timides.

 

“Le succès est un mot fort et honnêtement je n’ai pas la confiance nécessaire pour juger si nous avons vraiment réussi ou non,” dit Bang Chan, le leader désigné du groupe.

 

“Ce que je peux dire c’est que Stray Kids, moi y compris, avons parcouru un long chemin mais nous avons encore très faim de nouveaux accomplissements.”

 

Conquérir le Royaume-Uni est clairement sur leur liste de choses à faire. Ils ont déjà intégré des éléments de grime dans leur morceau 2022 3Racha, et disent vouloir collaborer avec Coldplay et The 1975.

 

“J’adore leur musicalité, et la manière dont ils donnent tout dans leurs performances,” dit Seungmin. “Écouter leur musique me rend toujours très ému et m’inspire énormément.”

 

Ils restent, cependant, discrets concernant leurs objectifs de carrière à plus long terme.

 

Quand on leur demande s’ils aimeraient jouer à Glastonbury ou au Super Bowl (ils ont littéralement une chanson qui porte ce nom), Seungmin reformule la question.

 

“Les objectifs à court terme sont très bien, bien sûr, mais notre plus grand objectif est d’être un groupe qui résiste à l’épreuve du temps et qui restera dans l’histoire comme l’un des groupes les plus durables.”

 

C’est une ambition qu’ils expriment clairement dans Half Time, un morceau rap boom-bap qui fait référence au renouvellement de leur contrat de sept ans avec leur label JYP Entertainment l’an dernier.

 

“Ce jeu n’est pas terminé, il est bien trop vaste,” promet Felix. « Ils ne savent pas ce qui les attend. »

 

Autrement dit, Stray Kids ne font que commencer.

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